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Mémoire de Microsoft 365 Copilot : ce qu'elle retient de vos employés devient un dossier conservable

Microsoft branche la rétention Purview sur la mémoire de Microsoft 365 Copilot en septembre 2026. Cette mémoire est activée par défaut, vit dans un dossier caché de la boîte Exchange de chaque usager, et elle est découvrable en eDiscovery. Ce qu'elle contient, ce que vous pouvez encore contrôler, et la question que la Loi 25 vous oblige à trancher.

Par Jordane Dours 6 min

Microsoft branche la rétention Purview sur la mémoire de Microsoft 365 Copilot en septembre 2026. Cette mémoire est activée par défaut, vit dans un dossier caché de la boîte Exchange de chaque usager, et elle est découvrable en eDiscovery. Ce qu'elle contient, ce que vous pouvez encore contrôler, et la question que la Loi 25 vous oblige à trancher.

Ce que Microsoft a annoncé le 21 août

Le message RM569612, publié le 21 août 2026, annonce la rétention pour la mémoire de Microsoft 365 Copilot, en disponibilité générale ce mois-ci. Purview peut désormais conserver les versions successives des éléments de mémoire, à des fins de sécurité, de conformité et d'enquête.

Pour saisir pourquoi c'est un changement et pas une fonctionnalité de plus, il faut savoir où vit cette mémoire. Microsoft la stocke dans un dossier caché de la boîte aux lettres Exchange de chaque usager. Elle hérite donc du chiffrement au repos et de Customer Lockbox, comme le reste du courrier. Mais jusqu'ici, la documentation de Microsoft était explicite sur un point : les politiques de rétention Purview ne s'appliquaient pas à ces éléments.

La mémoire de Microsoft 365 Copilot est activée par défaut, même sans licence

La personnalisation enrichie est activée par défaut. Aucun geste n'est requis pour l'allumer, il en faut un pour l'éteindre. Et elle touche plus de monde qu'on le pense : la fonction est offerte aux usagers de Copilot Chat, avec ou sans licence Microsoft 365 Copilot.

Ce que Copilot retient se range en trois catégories : les mémoires que l'usager enregistre volontairement, les détails déduits de son historique de conversations, et les instructions personnalisées. Les deux premières sont découvrables en eDiscovery et dans la recherche de contenu, sous la classe d'élément IPM.Contact. Les instructions personnalisées, non.

Autrement dit : Copilot construit depuis des mois un profil de préférences, de style de travail et de contexte de projet pour chacun de vos usagers, dans leur boîte aux lettres, et ce profil est opposable en découverte.

Trois angles morts que la rétention ne comble pas

La rétention règle la conservation. Elle ne règle pas le reste.

  • Aucune trace d'audit. Les actions de mémoire et de personnalisation ne génèrent pas d'entrée dans le journal d'audit Purview. Vous ne saurez pas qui a modifié quoi, ni quand.
  • Aucun filtrage de contenu. Un administrateur ne peut pas restreindre ce qui entre en mémoire. C'est tout ou rien.
  • La suppression ne suit pas. Supprimer une conversation depuis Purview ou eDiscovery ne supprime pas la mémoire associée. Et la purge est plafonnée à dix éléments par boîte à la fois : c'est un outil de réponse à incident, pas un outil de ménage.

Le seul levier d'administration passe par Graph

Il n'existe ni cmdlet PowerShell ni écran dans le centre d'administration pour ce contrôle. La personnalisation enrichie se configure par Microsoft Graph, via la ressource enhancedPersonalizationSetting. Un administrateur de tenant doit écrire un script.

Si vous coupez au niveau du tenant, les usagers voient tous les contrôles de personnalisation grisés et ne peuvent plus les réactiver eux-mêmes. Ce n'est pas un réglage, c'est une décision de gouvernance. Prenez-la sciemment, et documentez-la.

Ce que la Loi 25 vous oblige à vérifier

Depuis septembre 2023, une entreprise québécoise qui utilise une technologie permettant d'identifier, de localiser ou de profiler une personne doit l'en informer à l'avance et lui offrir les moyens d'activer ou de désactiver ces fonctions. Pour les organismes publics, la Loi sur l'accès va plus loin à son article 65.0.1 : ces fonctions doivent être désactivées par défaut, et la personne doit poser un geste positif pour les activer.

La mémoire de Copilot, elle, est activée par défaut.

Est-ce que cette mémoire constitue une technologie de profilage au sens de la loi ? C'est une qualification juridique et nous ne la tranchons pas ici. Mais c'est précisément la question à poser à votre responsable de la protection des renseignements personnels, et à faire répondre par écrit. Le même exercice vaut côté RGPD pour vos entités françaises.

Par où commencer cette semaine

Cinq gestes, dans cet ordre.

  • Déterminez qui est réellement touché. La mémoire suit Copilot Chat, pas seulement les licences Copilot. Sortez la liste des usagers actifs, pas celle des licences achetées.
  • Décidez du statut avant de décider de la rétention. Laisser activé, couper pour tout le monde, ou couper pour les groupes qui traitent des renseignements sensibles : c'est le premier arbitrage, et il se prend au niveau du tenant.
  • Branchez la rétention maintenant qu'elle existe. Sans politique, une mémoire enregistrée reste jusqu'à ce que l'usager la supprime lui-même.
  • Mettez à jour votre avis de confidentialité et votre politique d'usage de l'IA. L'obligation d'informer à l'avance ne s'accommode pas d'un déploiement silencieux.
  • Testez une demande d'accès de bout en bout. Un employé demande ce que l'organisation détient sur lui : combien de temps pour extraire, et qui s'en charge ?

Une préversion, des données bien réelles

La fonctionnalité est encore marquée en préversion dans la documentation de Microsoft, ce qui veut dire qu'elle peut évoluer. Ça ne change rien à l'urgence : les données, elles, s'accumulent déjà. Chaque semaine sans décision, ce sont des profils de plus dans des boîtes aux lettres que personne n'audite.

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